Lios-Art (L. Bourgeois) est un créateur dont le parcours n’est pas une ligne droite, mais une série d’explosions créatives. Né au Québec en 1979 dans une lignée d’artistes reconnus, il a été initié à la création comme à une langue maternelle. Ce talent brut, combiné à une intensité de travail hors du commun, l’a vu passer professionnel dès l’adolescence. Mais cette précocité avait un coût : de 13 à 21 ans, en ne dormant que quelques heures par nuit, il a poussé son corps et son esprit jusqu’à l’épuisement, un premier signe de la dévotion totale qui allait définir toute sa carrière.
Son parcours n’est pas celui d’un artiste qui suit un chemin, mais celui d’un stratège qui pirate les systèmes pour atteindre ses objectifs. Il a abordé la boucherie non par passion, mais comme un raccourci pour sécuriser un avenir et accéder à l’université. Il a plongé dans la haute couture non pas pour suivre la mode, mais pour la réinventer, se heurtant à une industrie qu’il jugea trop timorée pour sa vision « avant-gardiste ». Il a exploré la 3D au début des années 2000 avec l’ambition de créer des défilés holographiques, une vision qui avait près de vingt ans d’avance sur son temps. Chaque étape était une conquête, une maîtrise d’un nouveau système, abandonnée une fois le puzzle résolu.
Après des années à maîtriser les arts numériques, il opère un retour fracassant à la création manuelle, trouvant enfin la reconnaissance qu’il méritait. Ses toiles et sculptures lui valent une renommée internationale, couronnée par des médailles d’or et des distinctions prestigieuses en France et en Pologne. Il était un artiste visuel accompli, sa carrière en pleine ascension.
Puis, en 2020, le monde s’arrête. La pandémie de COVID met un terme brutal à sa carrière d’expositions. Pour beaucoup, cela aurait été la fin. Pour Lios-Art, ce fut une renaissance forcée.
Face à un mur, il n’a pas attendu. Il a pivoté. Si le monde physique était fermé, il allait en créer d’autres. Il s’est tourné vers l’écriture et a finalement donné vie à un projet qui dormait en lui depuis 12 ans : « L’Oeil du Diamant ». Une saga de fantasy épique qui lui était venue en rêve, nuit après nuit, en 2008. La tragédie mondiale est devenue le catalyseur qui a libéré l’histoire la plus importante de sa vie.
De cette renaissance a jailli une énergie créatrice explosive. La série culte « Les Dessous d’Apocalypse » est née de cette nouvelle urgence : un concept fou de calendrier de l’Avent interactif, créé dans un « blitz » de 21 jours avec 25 autres auteurs. C’est l’expression la plus pure de sa méthode : provoquer le chaos pour mieux le structurer, bâtir des cathédrales narratives au milieu d’ouragans qu’il a lui-même déclenchés.
Aujourd’hui, Lios-Art est la somme de toutes ces vies : le stratège, l’artiste primé, le survivant et le visionnaire. Son œuvre n’est pas confinée à un seul genre ou un seul médium. Que ce soit dans la fantasy épique de « L’Oeil du Diamant », l’horreur théologique de ses thrillers, l’intimité de ses écrits érotiques ou le chaos jubilatoire d’Apocalypse, sa voix est unique. Il n’écrit pas des histoires ; il bâtit des écosystèmes narratifs.
Lios-Art est la preuve vivante qu’une force créatrice, lorsqu’elle est authentique, ne peut être arrêtée. Elle trouve toujours un chemin. Même si pour cela, elle doit réinventer le monde.