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L’artiste franco-ontarien Laurent L. Vaillancourt dévoile Glossolalia, une œuvre conceptuelle et performative qui s’impose comme sa toute dernière création artistique. Réalisé sur une période d’un an, ce projet explore le langage instinctif, l’automatisme et l’expression spontanée à travers une série de publications devenues aujourd’hui une installation imprimée.

Originaire de Hearst, Laurent L. Vaillancourt poursuit depuis plusieurs années une réflexion sur la parole, l’écriture et l’intuition. Avec Glossolalia, il livre une œuvre profondément personnelle qui s’inscrit dans la continuité des recherches artistiques liées au langage exploréen et au mouvement automatiste québécois.

Qu’est-ce que la glossolalie ou le « parler en langues » ?

Le terme « glossolalie » signifie littéralement « parler en langues ». Il désigne une forme d’expression composée de sons ou de mots sans signification apparente, souvent associés à une inspiration spirituelle ou mystique. Dans certaines traditions chrétiennes pentecôtistes, le parler en langues est considéré comme une manifestation spirituelle importante.

Mais au-delà de sa dimension religieuse, la glossolalie touche également à la création artistique, à l’écriture automatique et à la liberté du langage. Parler en langues, c’est parfois simplement laisser émerger les sons, les rythmes et les intuitions sans chercher à les rationaliser.

Une œuvre inspirée par Claude Gauvreau et l’automatisme

Le projet de Laurent L. Vaillancourt s’inspire notamment de Claude Gauvreau, figure majeure de l’avant-garde québécoise et signataire du célèbre manifeste Refus global.

Claude Gauvreau est reconnu pour avoir développé le langage « exploréen », une forme de glossolalie poétique fondée sur l’automatisme, l’intuition et la désarticulation du langage traditionnel. Son approche artistique privilégiait l’authenticité et l’expression spontanée plutôt que la logique ou le contrôle rationnel.

Pour en apprendre davantage sur Claude Gauvreau :
Claude Gauvreau – Wikipédia

Un projet artistique réalisé sur 52 semaines

Entre décembre 2024 et décembre 2025, Laurent L. Vaillancourt a publié une série de 26 œuvres sur Facebook, à intervalles d’environ deux semaines. Chaque publication débutait par une lettre de l’alphabet, créant ainsi une progression artistique étalée sur 52 semaines.

Les créations ont ensuite été imprimées en format 9 x 7 pouces et montées sur foamcore, transformant cette performance numérique en œuvre physique et visuelle.

Cette démarche artistique se situe à la frontière entre poésie visuelle, performance contemporaine et écriture automatique. Elle témoigne également d’une volonté de ralentir le rythme de création afin de laisser place à l’intuition et à l’émergence spontanée des formes et des sons.

Une œuvre née d’un geste quotidien

L’origine de Glossolalia repose sur une expérience intime et répétitive. Depuis plusieurs années, l’artiste explique produire spontanément des sons lorsqu’il s’étire le matin au réveil. Ces sons instinctifs sont devenus la source d’une réflexion artistique sur le langage et l’expression non contrôlée.

Avec cette œuvre, Laurent L. Vaillancourt transpose cette expérience dans l’écriture : une forme de parler en langues transformée en langage visuel.

Laurent L. Vaillancourt : une voix artistique unique dans le Nord de l’Ontario

À travers Glossolalia, Laurent L. Vaillancourt affirme une démarche artistique singulière dans le paysage culturel franco-ontarien. Cette toute dernière œuvre témoigne d’un profond intérêt pour la spiritualité du langage, l’automatisme et la liberté créatrice.

En fusionnant performance, écriture intuitive et art visuel, l’artiste de Hearst propose une œuvre qui questionne notre rapport aux mots, au sens et à l’expression intérieure.